Commandés par la Paisley Brass Works Company vers 1914, ces fusils ont été fabriqué pour » Dickie « qui n’était autre que Lord Mountbatten (Prince Louis Francis Albert Victor Nicholas of Battenberg). Ces fusils lui ont été remis en Septembre 1915, comme stipulé dans le registre historique de PURDEY.
Duc d’Édimbourg, oncle du prince Philip et époux de la reine Elizabeth, Louis Francis von Battenberg, surnommé « Oncle Dickie », a joué dans la vraie vie le rôle de père adoptif du prince Philip.


Une fois ce dernier adulte, il est devenu le mentor du prince Charles, son petit-neveu. Né en 1900, Lord Mountbatten a joué un rôle majeur au sein de la famille royale. Dernier vice-roi de l’Inde coloniale et tout premier gouverneur général de l’Inde indépendante, il consacra une partie de sa vie à guider le prince Charles dans ses décisions.

Mais Pourquoi » Dickie » ?
Mountbatten a été baptisé dans le grand salon de Frogmore House le 17 juillet 1900 par le doyen de Windsor, Philip Eliot. Ses parrains étaient la reine Victoria, Nicolas II de Russie (représenté par le père de l’enfant) et le prince François-Joseph de Battenberg (représenté par Lord Edward Clinton). Lors de la cérémonie, il portait la robe de baptême royale originale de 1841.


Le surnom de Mountbatten parmi sa famille et ses amis était « Dickie ». En effet, son arrière-grand-mère, la reine Victoria, avait suggéré le surnom de « Nicky », mais pour éviter toute confusion avec les nombreux Nicky de la famille impériale russe (« Nicky » était particulièrement utilisé pour désigner Nicolas II, le dernier tsar), « Nicky » a été remplacé par « Dickie ».

Il est né Prince Louis Francis Albert Victor Nicholas de Battenberg. En contrepartie de sa renonciation à ses titres allemands, Louis s’est vu accorder le marquisat de Milford Haven.
A ce stade c’est donc Lord Mountbatten qui possède les fusils.
Le White’s Club, The Club et… The Other Club

Le White’s Club :
Réputé à la fois pour son exclusivité et pour le comportement souvent obscène de ses membres, le White’s est le club de gentlemen le plus ancien et le plus exclusif de Londres. Fondé à l’origine en 1693 sous le nom de Mrs White’s Hot Chocolate House, il a rapidement acquis une certaine notoriété pour ses pratiques plus enivrantes.
Au cours de ses 300 ans d’histoire, le club a accueilli un nombre impressionnant de membres illustres, dont le duc de Wellington, le roi George IV, Guillaume IV, Édouard VII et, plus récemment, Charles, prince de Galles, et son fils, le prince William, duc de Cambridge. Le prince Charles a organisé son enterrement de vie de garçon au champagne Bollinger au club avant son mariage avec Lady Diana Spencer.

Le club a attiré son lot de scandales politiques, avec des suggestions selon lesquelles le recrutement des Espions de Cambridge aurait été orchestrés depuis le bar du club.
Les Espions de Cambridge : La trahison qui a ébranlé les services secrets britanniques.
Tout est invraissemblable dans ce récit aux allure de roman. Et pourtant, tout est vrai. Au milieu des années 1930, les maîtres-espions de Staline recrutent cinq étudiants de la prestigieuse université de Cambridge. Des jeunes pousses qui s’appellent Anthony Blunt, Guy Burgess, John Cairncross, Donald Maclean et Kim Philby. Retournant contre lui l’esprit de caste de l’ establishment britannique, ce quintette de » taupes » soviétiques atteindra des postes clé dans la hiérarchie de l’Intelligence Service, poussés par une foi absolue dans l’idéal communiste.










Anthony Blunt
Guy Burgess
John Cairncross
Donald Maclean
Kim Philby

Rémi Kauffer révèle dans son livre » Les Espions de Cambridge « , l’extraordinaire réussite de cette entreprise de trahison. Il situe l’importance de la sexualité et de l’homosexualité parmi les membres du réseau. Comment ils ont facilement manipulé Hitler, Staline, Mussolini, Roosevelt et leurs services secrets. Des complicités françaises, inédites à ce jour, il explique pourquoi et comment « les Cinq « ont tous bénéficié d’une impunité juridique ahurissante en Angleterre et révèle les dessous d’un scandale qui s’étend de la Seconde Guerre mondiale à la Guerre froide.
Il est certain que le club White’s était aussi connu pour être un haut lieu du jeu, qui était illégal en dehors des établissements réservés aux membres.
Le premier « Old Boys Club », l’établissement continue de cultiver sa réputation d’établissement le plus difficile d’accès, et à ce jour, le White’s reste un établissement réservé aux hommes.
Mais revenons aux fusils…
Vers 1917, après son retour de la bataille des Dardanelles sur la péninsule de Gallipolli où il a été gravement bléssé suite à une erreur statégique de Churchill, une rivalité à la chasse oppose régulièrement le Captain Henry St John Mildmay, fils aîné de Henry 5ème vicomte de Bolingbroke, à Lord Mountbatten.
Ce dernier convoite le fusil Purdey régulièrement utilisé par » Dickie « à cette époque et propose qu’il fasse l’objet d’un pari lors d’une soirée entre gentlemen au White’s Club.
Lord Mountbatten aurait perdu ce pari mais aurait » oublier » de le faire livrer à Sir St John Mildmay. Ce dernier récupérera néanmoins la paire complète de ces fusils d’une autre manière le 11 Septembre 1919.



En 1921, un autre St John (Harry St John Bridger Philby) est nommé responsable des services secrets pour la Palestine mandataire, équivalent de la Jordanie, Israël et des territoires palestiniens actuels. Il travaille avec Lawrence d’Arabie pendant un certain temps, mais ne partage pas les vues de ce dernier en faveur des Hachémites et se brouille avec lui. Fin 1922, St John Philby se rend à Londres pour rendre compte de la situation locale. Il multiplie ses meetings et rencontre Winston Churchill, George V, le Prince de Galles, le Baron Rothschild, Wickham Steed, et Chaim Weizmann, chef du mouvement sioniste. C’est lors d’un de ces meeting au White’s Club qu’il rencontre Sir Henry St John Mildmay. Ce dernier est outré de la position de Philby qu’il ne manque pas de lui signifier durant son séjour à Londres.
Il se plaint de ses positions ambiguës tantôt pro-américaines tantôt pro-arabes qu’il juge au détriment des intérêts britannique.
A la fin des années 1920, St John Philby aussi appelé Harry » Jack » Philby est devenue l’éminence grise de l’autoproclamé » roi « d’Arabie Ibn Séoud. De passage à Londres, au motif d’un intérêt diplomatique discutable, il emprunte à Sir Henry St John Mildmay son fusil Purdey n° 21305 pour une chasse prévue en novembre 1930 avec le Prince Ibn Seoud.


Au cours de cette chasse en automobile, le souverain s’ouvre sur ses embarras financiers liés à son train de vie pharaonique. Philby écoute, il entend et va agir pour son ami musulman.
En mai 1933, Philby organise un appel d’offres entre plusieurs compagnies pétrolières, et fait en sorte que la compagnie de John D. Rockfeller, la Standard Oil of California (SOCAL) le remporte, à des conditions intéressantes pour le royaume. Une concession de 60 ans est accordée. Et le pétrole saoudien devint américain…
En ce début des années 1930, Harry » Jack « Philby fait figure de véritable bête noire aux yeux des Anglais. « Dérangé », « dangereux pour l’Angleterre », « incontrôlable » : tels sont quelques-uns des qualificatifs dont l’affublent régulièrement, dans leurs rapports, les consuls de Grande-Bretagne à l’étranger.« Dérangé », Philby ne l’est certainement pas. Sa haine de l’Angleterre, en revanche, est réelle. Espion britannique, il va se convertir à l’Islam et devenir Sheikh Abdullah. Son fils Kim Philby deviendra un célèbre agent britannique, agent double pour l’Union soviétique.



Il avait, il est vrai, de qui tenir : son père, St John Philby, avait très tôt inoculé dans ses veines l’insidieux poison de la trahison. Successivement serviteur de sa gracieuse Majesté aux Indes avant la Première Guerre mondiale, puis explorateur intrépide dans les sables du Moyen-Orient, aventurier et intrigant de haute volée converti à l’Islam, rival de Lawrence d’Arabie, conseiller privé du roi Ibn Saoud, St John fut, à ce titre, l’instigateur de la mainmise américaine sur les richesses pétrolières du jeune royaume, au détriment de l’Angleterre, son pays, contre lequel il ne cessa jamais d’œuvrer.

On ne sait pas exactement quand le fusil n°21305 est rendu à Sir Henry St John Mildmay mais on sait qu’ils sont resté en famille car on les retrouve mentionnés dans l’historique Purdey en la possession d’un autre St John, Sir Anthony St John Mildmay.

Les fusils reviennent et restent en famille …
Il est établit que le 2 Novembre 1931, le fusil Purdey n°21306 est modifié pour Sir Anthony St John Mildmay, 8ème Baronnet, détenteur de la Military Cross, Captain and Commander au SIS (Secret Intelligence Service), également connu sous la dénomination de MI6 ( pour Miltary Intelligence, section 6). On revient chez les Espions !
Il sera confronté plus tard lui aussi à la famille St John Philby, le fils de Harry » jack « , Kim Philby ( le fameux agent double soviétique ) dans le scandale des Espions de Cambridge.
Mais ce Sir Anthony St John Mildmay est membre d’un autre club fréquenté par un certain Winston Churchill grand amateur de chasse à la Grouse.
Cette fois-ci les fusils vont changer de main pour cause de diplomatie politique…
The Club (Literary Club) et … The Other Club :

Les gentlement terriens qui chassaient la grouse sur leurs landes appréciaient également la compagnie des autres lorsqu’ils se trouvaient à Londres.Le gentlemen’s club, réservé aux membres et strictement privé, est une création du XVIIIe siècle. L’un des clubs les plus réputés de Londres était The Club, également connu sous le nom de Literary Club, fondé en 1764 par l’artiste Joshua Reynolds et l’essayiste et lexicographe Samuel Johnson.


En 1911, Winston Churchill, secrétaire d’État au ministère de l’intérieur dans le gouvernement libéral de H.H. Asquith, et son ami le plus proche, le député et avocat conservateur F.E. Smith (plus tard Lord Birkenhead), souhaitaient rejoindre The Club. La légende veut que tous deux aient été bannis par le Club, jugés trop effrontés et controversés.
A cette époque le White’s est hors de portée pour le jeune et ambitieux Churchill.


Avec son meilleur ami F.E. Smith (plus tard Lord Birkenhead), Ils créent tous les deux donc leur propre Club qu’ils appelleront The Other Club. Premier meeting de ce Club au SAVOY HOTEL le 5 Aout 1914.
Winston se leva et déclara qu’il avait l’intention d’ignorer les règles du The Club, qui interdisaient tout toast autre que celui du roi, en proposant « Succès à l’armée britannique ». Le toast fut porté en silence.
» in a Secret Silence « …


Au fil du temps,The Other Club deviendra un lieu privilegié de réunion pour nombre de membres du Secret Intelligence Service (MI6). Dont un certain G.B. Hoare.

Le Major G.B. Hoare (Sir Samuel John Gurney Hoare, 1er Vicomte de Templewood) aussi connu sous le nom de G.B. Hoare (GB for ‘ Sec’) a un lourd passé d’espion.
A l’automne 1917, le camp allié est sous le coup du retrait de la Russie qui, sous l’égide des bolchéviks, a quitté le conflit.
Il devient alors capital de s’assurer que l’Italie, un allié récent
– et le moins fiable, selon Londres -ne soit pas tenté de suivre l’exemple de Moscou.
A Rome, en tant que député Sir Samuel Hoare, représentant du MI5 en Italie, qui gère une centaine d’espions, recrute Benito Mussolini, alors jeune journaliste de 34 ans. Objectifs : faire campagne en faveur du maintien de l’Italie aux côtés des alliés pendant le conflit et apaiser la colère et la méfiance des ouvriers italiens qui multiplient les grèves.

Le futur dictateur fasciste accumule donc les articles en faveur de la guerre dans son journal Il popolo d’Italia. Mais il confie à son recruteur être prêt à faire plus. Il est disposé à envoyer, si nécessaire, des fidèles pour passer à tabac les manifestants pacifistes.
Membre de plusieurs cabinets ministèriels dans les années 1920 et 1930, Sir Samuel Hoare a été notamment Secrétaire d’État à l’Inde ; à ce poste, il amorce l’India Bill pour accorder à l’Inde le statut de Dominion, à l’égal du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud, ce qui le fait entrer en conflit direct avec Churchill, très opposé à toute évolution statutaire qui serait le début du démembrement de l’Empire.

Mais maintenant, Churchill a besoin de resserrer les liens avec Hoare, et quoi de mieux que d’aller chasser la Grouse ensemble ?

En Octobre 1935, lors d’une réunion at The Other Club, Winston Churchill propose au Major G.B. Hoare , une partie de chasse mais celui-ci n’est pas correctement équipé. Il ne goûte ce sport que de loin. Il y a cependant dans le club, un chasseur émérite qui peut les aider. Ce n’est pas le Commander Bond mais presque …
Sir Anthony St John Mildmay cède alors ses fusils Purdey 21305 & 21306 à son boss le Major Hoare à la requête de Churchill.
Sir Samuel Hoare , Lord du sceau privé, ministre des Affaires étrangères et ministre de l’Intérieur , signera le pacte Hoare-Laval la même année par lequel la Grande-Bretagne reconnait à l’Italie fasciste la souveraineté sur l’Abyssinie. L’impopularité du pacte auprès de la population lui coutera sa place au gouvernement.


Le Major G.B. Hoare est maintenant détenteur de la paire de fusils.
